les étudiants
Etudiants étrangers en France : une analyse
Présentation
I. Données sur les étudiants étrangers en France (année universitaire 2006-2007)
Selon les statistiques du Ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche :
216 376 étudiants étrangers sont inscrits dans les universités françaises, soit une légère diminution de 1 % par rapport à l’an dernier, mais une augmentation de 77 % par rapport à 1998, année de mise en place du dispositif gouvernemental pour renforcer l’attractivité de la France.
Si l’on ajoute les étudiants inscrits dans d’autres établissements d’enseignement supérieur (écoles d’ingénieurs, de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles...), le nombre total d’étudiants étrangers en France atteint263 126 en 2006-2007 (soit - 0,7% par rapport à 2005-2006), ce qui nous place au 4ème rang mondial, derrière les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni et devant l’Allemagne.
La proportion des étudiants étrangers par rapport à la population étudiante reste stable : ils représentent 11,7 % de la population étudiante totale (contre 11,3 % en 2002).
Par zone géographique, on observe :
La répartition par région d’origine fait apparaître que l’Afrique (Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne) reste en 2006-2007 la première région d’origine des étudiants étrangers avec près de la moitié des étudiants (47,6%), malgré une légère baisse.
L’Europe arrive à la 2e place avec 25,3% et un taux d’évolution en baisse de 1% en un an. Il faut cependant souligner que les flux d’étudiants Erasmus, qui restent inscrits dans leur établissement d’origine, ne sont pas toujours recensés et contribuent à minimiser les chiffres des étudiants en provenance des 25 pays adhérents.
L’Asie et l’Océanie viennent ensuite avec 14,4 % des étudiants étrangers et un taux d’accroissement de 5,6 % en un an. L’Amérique (Nord et Sud) atteint 7,2 % et le taux d’accroissement le plus important (+ 5,8 %).
Enfin, les pays du Proche et Moyen Orient représentent 5,5 % des étudiants étrangers avec une progression de 2,7% en un an.
II. Données sur les boursiers du gouvernement français (BGF) (année civile 2006)
Le nombre total de boursiers s’élève à 18 629.
Les bourses d’étude proprement dites représentent, en 2006, près de 64% des bourses attribuées. La priorité est donnée aux études conduisant aux grades de master et de doctorat.
Les étudiants originaires d’Afrique sub-saharienne sont devenus en 2003 les premiers bénéficiaires des bourses et le sont restés en 2004 mais ont été devancés en 2005 et 2006 par les pays d’Afrique du Nord (21,6% et 21,2% pour les pays d’Afrique Sub-saharienne ). L’ensemble du continent africain reste ainsi en tête.
Les pays d’Europe rassemblent près de 20 % des bourses, dont 7,6 % pour les 24 pays de l’Union européenne et 11,6 % pour les pays hors UE. Ces chiffres sont identique à ceux de 2000 pour l’ensemble de l’Europe (19,2 %). Cette part relativement modeste s’explique par la montée en puissance parallèlement, des boursiers pris en charge sur les crédits communautaires (au premier rang desquels Erasmus).
Le continent asiatique représente en 2006 16 % des bourses (13,8% en 2000), dont 9 % pour l’Asie du Sud et du Sud-Est et 7 % pour l’Extrême-Orient et le Pacifique. Cette progression est conforme à l’action menée en direction de ces pays.
Les pays du Proche et du Moyen-Orient totalisent en 2006 13,1 % des bourses contre 9 % en 2000.
Enfin, le continent américain reçoit 8,9 % des bourses (8,3 % en 2000), dont 8 % pour l’Amérique Centrale et du Sud (6,5 % en 2000 et 7,2% en 2005) et 0,9 % pour l’Amérique du Nord (1,9 % en 2000 et 0,9% en 2005).
Perspectives 2008
Une recherche systématisée de cofinancement des programmes de bourses sera encouragée afin notamment de démultiplier l’action du Département. Ces financements peuvent revêtir diverses formes : programme à coût partagé avec les Etats, les collectivités territoriales françaises, les fondations, les entreprises...
Dans ce sens des actions innovantes ont été engagées ces derniers mois et devraient se multiplier :
avec les États : programme de formation doctorale des assistants des universités syriennes, programme franco-algérien de formation supérieure et de spécialisation des cadres de l’administration, programme Braffitec de formation d’ingénieurs avec le Brésil.
avec les Régions : programme ARCUS (Actions en Régions de Coopération universitaire et Scientifique),
avec les Entreprises : programme d’accueil et d’accompagnement avec le groupe Thalès destiné à une trentaine d’étudiants chinois, indiens et russes et avec le groupe Alstom pour des étudiants bulgares dans le domaine ferroviaire.
Enfin, la politique des bourses d’étude du ministère des Affaires étrangères et européennes donnera la priorité à l’excellence académique des étudiants, aux niveaux Master/Doctorat des filières scientifiques et sciences de l’ingénieur, d’économie, de gestion, de management, de droit et des sciences politiques en mettant l’accent sur les co-tutelles de thèse. L’accueil des boursiers du gouvernement français s’inscrit depuis la rentrée de 2006 dans le cadre d’une charte de qualité, préparée en écho à la charte européenne de qualité pour la mobilité. Il vise le renforcement de la sélectivité des procédures de recrutement, quel que soit le dispositif retenu(appel à candidature, logique de programmes sectoriels, logique de filières locales de formation supérieure) et le mode de sélection choisi (sélection sur dossier par le poste, par le partenaire local, lors de commissions mixtes de recrutement...) en mettant l’accent sur les programmes s’inscrivant dans une logique de partenariat (appui aux partenariats universitaires, programmes à coût partagé ou cofinancés lorsque le contexte économique le permet). Les bourses doivent être attribuées selon des critères lisibles par des jurys constitués majoritairement d’universitaires des deux pays. Une meilleure communication en direction des futurs boursiers et des partenaires locaux, une systématisation du suivi des réseaux d’anciens étudiants et boursiers ainsi qu’une attention portée aux programmes d’excellence sur crédits centraux constitueront les axes principaux de cette politique. Ainsi les programmes spécifiques de bourses d’excellence : Eiffel, Eiffel Doctorat et Major seront confortés.
SENEGAL - UNIVERISITE DE DAKAR : LES ETUDIANTS ENTRE GREVE ET GUERRE

La particularité de la grève est qu’elle peut entraîner des mouvements de masse mais ceci n’est pas consenti comme étant essentiellement le seul recours possible. La spécificité des universités publiques aujourd’hui est qu’après chaque AG (assemblée générale), on descend dans la rue pour bloquer la circulation. On peut prétendre à un exploit de la part des frondeurs si des biens publics ne font pas l’objet de casse. L’exception est qu’on ne se limite plus à vouloir battre le macadam mais on n’hésite plus désormais à affronter les forces de l’ordre. Il y a lieu de comprendre que pareil scénario caractérise la grève estudiantine au Sénégal. La violence qui détermine la forme de la protestation estudiantine, qui, le plus souvent, lui est externe dans son expression car dirigée vers l’extérieur, peut être également interne à elle-même lorsqu’il y a désaccord de point de vue et affrontement mutuel. Pour mesurer l’escalade de la brutalité au sein des universités locales, l’histoire a enregistré, dans les deux cas, des victimes.
Les faits actuels survenus depuis hier à la FLSH témoignent de l’ampleur effective du second cas où les étudiants se tapent dessus parce que n’étant pas sur la même longueur d’onde. L’insolite est aussi que l’ennemi d’hier c’est-à-dire la police est venue en appui à une frange d’étudiants tout en violant encore pour la enième fois les franchises universitaires sans qu’on ne pipe mot alors que cet acte est censé être au cœur d’un combat qui interpelle traditionnellement tout étudiant. Ce regain d’agressivité mutuelle entre les étudiants est justifié par la volonté des dirigeants des listes bleue, orange, blanche et jaune de suspendre le mot d’ordre de grève et de reprendre les cours. Contrairement à leurs camarades - mot assez nuancé dans son contexte d’usage - qui soutiennent avec toute l’émotion possible le maintien de la grève parce que, disent-ils, l’autorité n’a jamais été sincère avec eux.
L’autre aspect qui attire également l’attention est l’implication indirecte de la politique dans les amicales d’étudiants. Une probable division, de ce fait, ne peut pas être écartée puisqu’elle est subséquente à l’expression politicienne. La grandeur politique exige la rupture. Introduire la politique au sein des universités est synonyme de sabotage de la poursuite correcte des enseignements parce qu’elle rend plus vive l’adversité chez les étudiants dont l’unique souci devrait être l’appropriation de la connaissance.
Le paradoxe qu’a entrainé la politique est que les étudiants s’organisent en amicales et s’interpellent par le vocable de camarade, lequel est retrouvé dans le jargon de désignation mutuelle dans les partis politiques. Le besoin utilitariste est présent dans la rationalité de ces jeunes gens et la violence, qu’ils se gratifient mutuellement de temps à autre, justifie l’emploi de cette logique de camaraderie. L’inconduite entre camarades politiques est érigée par la force du temps en valeur au sein de l’entité politique. On a l’impression d’être devant un parti soucieux d’un certain militantisme provocateur. L’amicale est supposée regrouper des amis et entre ceux-ci, on doit apprendre que l’on ne se tape pas dessus. L’organe politique regroupe des camarades qui sont impliquées dans des combats. Il importe, de ce point de vue, de revoir l’appellation des associations étudiantes au sein de l’université. Elles sont soit une organisation politique qui, privilégie davantage les grandes causes et les intérêts des étudiants, soit elles demeurent une amicale qui est plus orientée vers des activités non lucratives et fraternelles et qui n’a aucune tendance politique.
En définitive, la politique, comme la police, se doit d’encadrer de l’extérieur l’université et non de s’imposer en violant les franchises universitaires. On parle souvent de la police mais il y a aussi les politiciens à associer dans le rang des agresseurs par leur implication idéologique.
